Blockchain et santé : Association de bienfaiteurs ?

Pendant que le monde s’adapte doucement aux changements induits par l’explosion des objets connectés et de la santé mobile, l’univers sanitaire se tourne déjà vers le prochain concept à la mode. Alors que le concept d’ubérisation a touché tour à tour l’ensemble des secteurs de la société, le domaine de la santé et de la médecine semble être le prochain objectif des spécialistes de la blockchain.

La blockchain, c’est quoi ?

Illustrée par la fameuse monnaie virtuelle Bitcoin, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations aux larges promesses.
Plus précisément, le concept de blockchain permet la construction d’une base de données aux informations entièrement transparente, sécurisée et gérée sans intermédiaires. Son usage permet notamment d’assurer des transactions bancaires sécurisées, ou une traçabilité optimale des informations échangées.

Quelle relation blockchain-santé ?

Si les spécialistes s’accordent à mettre en avant le potentiel de cette technologie, comment la blockchain peut-elle s’appliquer au domaine de la santé ?
Plusieurs caractéristiques propres à la blockchain semblent destinées à accompagner le domaine de la santé dans les combats qu’il mène actuellement.

Le contrôle des données :

Si nous nous inquiétons principalement de la confidentialité de nos mots de passes de réseaux sociaux ou de nos comptes bancaires, la priorité de la cyber-sécurité semble être ailleurs. Selon les données 2015, les données médicales sont parmi les plus convoitées par les cybercriminels. 34% des données dérobées sur le web en 2015 concerneraient les données de santé des patients.
Une inquiétude de plus en plus grande, liée notamment au développement rapide des objets et applications collectant quotidiennement de nombreuses données personnelles et sanitaires.
La technologie blockchain, elle, permettrait aux patients de gérer entièrement l’accès aux informations médicales aux professionnels de santé de leur choix, par le biais d’un système de clés privées détenus par les personnes concernées. Un contrôle total déjà mis en place par certaines autorités, à l’image de l’Estonie qui a d’ores et déjà sécurisé près de 1 millions de dossiers médicaux grâce à ce processus.

La traçabilité des informations :

Les données de l’OMS sont formelles et particulièrement inquiétantes : 800 000 décès annuels dans le monde seraient provoqués par des médicaments contrefaits. Un trafic aux conséquences dramatiques, qui pourrait-être évité grâce à l’utilisation de la blockchain.
Par ce biais, chaque traitement disponible serait inscrit de manière virtuelle dans un registre sécurisé et distribué, et chaque acteur la chaine médicale – des industriels pharmaceutiques aux patients, en passant par les médecins – pourrait en vérifier l’authenticité à chaque instant.
Un concept qui pourrait rapidement devenir réalité puisque plusieurs startups, à l’image de l’entreprise française Blockpharma, sont déjà positionnées pour développer cette technologie.

Le challenge de la blockchain : repousser les limites.

Bien que prometteuse, l’application de la blockchain au domaine de la santé reste aujourd’hui limitée par plusieurs facteurs importants.
Malgré son objectif de sécurisation des données, la blockchain reste une technologie exposée aux attaques et, par conséquent, à la perte de données. Un risque qui devra n risque qui devra être réduit au minimum afin de pouvoir envisager l’avenir de la santé connecté autour de la technologie blockchain.
Si certaines limites sont d’ordre technologique, d’autres pourraient-être de type humain. Comme pour chaque innovation technologique, l’implémentation de la blockchain devra bénéficier d’un accompagnement optimal auprès des acteurs concernés pour être efficace. Un besoin de formation, de sensibilisation et d’adaptation qui demandera des efforts organisationnels, humains et financiers importants.
Enfin, la blockchain pourrait se heurter à des problématiques juridiques critiques. Plus que le simple secret médical, les données de santé des patients sont soumises à un droit à l’oubli très strict. Un droit qui entre en conflit avec le fonctionnement de la blockchain, dont l’architecture et les caractéristiques rendent impossible la suppression totales de données du registre.
Si certains acteurs de santé sont d’ores et déjà positionnés sur le marché de la blockchain santé, son application reste incertaine, malgré les nombreuses promesses et solutions qu’elles pourraient apporter à un secteur en proie à des problématiques diverses et variées.

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